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Le réel de la réalité augmentée

Sunday 29 December 2013 à 00:00

Depuis la communication de Google sur ses lunettes dites google glasses, on entend parler de réalité augmentée. Certains y voient un aubaine, un moyen nouveau d'améliorer leur quotidien en ayant à disposition des informations sur leur environnement. D'autres pointent aussi un certain nombre de problèmes de sécurité (Cf ce podcast du comptoir sécu), de vie privée (Cf ce post de Sam & Max) etc. Ces critiques sont principalement basées sur le fait qu'on ait de la géolocalisation, de l'audio et de la video embarquée. En réalité, cette critique n'est pas nouvelle (mais ça n'enlève rien) car c'est la critique++ qu'on aurait des ordiphones et des téléphones portables.

Par contre, je n'ai pas encore vraiment lu de critique sur la modification de la perception visuelle qui généralement fait plutôt partie de la part élogieuse de l'objet. J'ai pu entendre l'argument -- et je vais me baser sur celui-ci dans la suite de ma réflexion -- que ces lunettes permettraient par exemple de supprimer les publicités qu'on peut voir dans certains endroits, à la manière d'un adblock pour navigateur. Outre le fait que ce n'est encore une fois qu'une mesure de défense plutôt qu'une solution, la méthode d'action est selon moi dérangeante.

Pour expliquer cela, je vais m'appuyer sur l'un des livres de Clément Rosset, le réel et son double, dont la lecture est accessible. Clément Rosset est un philosophe qui a largement étudié le réel. Il analyse comment nous nous détournons du réel. La manière la plus courante est de percevoir le réel, mais de s'illusionner. Par exemple, dans la situation où une personne est amoureuse d'une autre, elle perçoit parfaitement et distinctement les défauts de l'autre, mais, elle s'illusionne en ne gardant que la part intéressante : "Je sais qu'il/elle a tel défaut, mais ça ne m'importe pas." ; comme si on n'avait rien vu ! Ce moyen d'échapper au réel perçu se fait, pour Clément Rosset, par un double du réel.

Or, dupliquer le réel n'est pas possible. On ne peut pas obtenir un double comme copie identique, sans que ce ne soit l'être lui-même. Il s'en suit que le double est une forme dévalorisée, dégradée du réel. Un succédané. Rosset reprend Parménide : "ce qui existe existe et ce qui n'existe pas, n'existe pas". Il est futile de fuir la réalité, de s'illusionner, de tenter de voir ses désirs dans le réel. Il faut plutôt désirer la réalité présente. Clément Rosset enseigne aussi comment de cette réalité tragique, on peut se faire porter par la joie, mais ça, c'est l'affaire d'un autre livre : la force majeure.

Ainsi, cette paire de lunettes dite à réalité augmentée n'est au fond qu'un voile destiné à cacher le monde tel qu'il est et à s'illusionner. Il faudrait donc plutôt parler de réalité diminuée.

En résumé, l'enseignement de Clément Rosset est : Regardez et acceptez le monde tel qu'il est plutôt qu'une réalité diminuée.

Le choix, un frein à l'adoption du Logiciel Libre

Thursday 26 December 2013 à 00:00

On peut se demander pourquoi le Logiciel Libre n'est pas adopté par une plus large majorité d'utilisateurs par rapport à ce qui est observé aujourd'hui. Le fait qu'encore un grand nombre de personnes n'ait pas reçu l'éducation suffisante pour saisir les enjeux économiques, sociaux, politiques, technologiques ou encore éthiques n'explique pas, en soi, pourquoi l'usage de logiciels libres n'est pas naturel. En effet, puisque nous connaissons les avantages du Libre sur le privateur, on peut se saisir du questionnement suivant : pourquoi le logiciel libre ne ferait pas l'objet, par sélection naturelle, de la convergence des solutions retenues ?

L'analyse que je souhaite porter à cette question est centrée sur la question du choix. Choisir est une question difficile, bien plus qu'il n'y parait. Il peut être d'ordre pulsionnel, c'est-à-dire se faire sous le couvert de l'émotion : tel tube de dentifrice est plus beau que les autres. Ce choix est généralement très rapide mais il a ce désavantage d'entrainer une déconvenance fort probable une fois qu'on utilisera le produit. D'un autre côté, on trouve le choix rationnel. Celui-ci mobilise notre jugement, d'où un certain aspect méthodique : ai-je envie de bonnes gencives, de dents blanches, de l'absence de carries ou de l'absence de tartre ? Vaste question. Ensuite viendra la marque, la taille du tube, le rapport qualité/prix, etc. Une étude sociologique dont je n'ai plus la référence avait montré que dans un magasin vendant des pots de confitures, les ventes étaient meilleures si le nombre de choix possibles était restreint. Devant trop de choix, ou l'embarras du choix disons-nous, on se retrouve dans une situation embarrassante qu'on souhaite au plus vite écourter. Au milieu du choix rationnel, on se retrouve parfois à l'interrompre pour ne pas choisir ou pour choisir par pulsion en se disant qu'après tout, ça n'a que si peu d'importance.

Dans le Logiciel Libre, une conséquence des libertés sur lesquelles il est fondé, est le choix. Pour remplir une tâche, il n'y a rarement qu'un seul logiciel, car il n'y a pas qu'une seule manière de traiter cette tâche. (Je ne vais pas m'étendre ici sur les raisons entraînant une telle diversité dans le logiciel libre.) Là, aucun moyen d'y couper, il faut y passer du temps pour lire la documentation, comprendre quels sont les usages permis, les limites du logiciel, etc ; car si j'écourte par un choix pulsionnel, j'ai toutes les chances d'être en inadéquation entre besoins et possibilités, et donc, de penser faussement que ce logiciel est mauvais, alors que c'était le choix. Choisir est donc coûteux, la liberté est coûteuse et donc finalement, ce logiciel d'une marque que je connais ou vendu sur une plateforme qui m'est familière, semble être un bon compromis ; je donne ma confiance et abandonne mon choix, et donc ma liberté.

Mais ce ne sera probablement pas satisfaisant me direz-vous ? Probablement pas, mais à force, je ne verrai plus l'étendue des possibles, mon esprit sera devenu étriqué au point de penser que c'est la seule possibilité. "Elle n'est pas parfaite, mais que voulez-vous ?" C'est la résignation qui l'emporte.

bibtexparser en python

Sunday 3 November 2013 à 00:00

Utilisant bibtex comme base de données bibliographiques, j'ai cherché une bibliothèque python permettant de traiter de tels fichiers. Je pensais que je trouverais facilement mon bonheur car python regorge de bibliothèques. Erreur... je n'ai rien trouvé de fonctionnel et documenté.

Pour ceux qui ne savent pas, bibtex est un format pour stocker des infos bibliographiques et ça ressemble à ça.

 @book{Ben62,
    title = "L'Oxydation des m\'etaux",
    author = "J. B{\'e}nard and J. Bardolle and F. Bouillon and M. Cagnet%
       and J. Moreau and G. Valensi",
    publisher = "Gauthier-Villars",
    year = "1962"
 }

En fuinant dans des codes sources de logiciels, j'ai fini par trouver un projet de l'OKFN qui se nomme bibserver. Vu le nom, je devais bien trouver un bout de code qui s'arrange avec ces fichiers.

C'était effectivement le cas, et le parser était vraiment satisfaisant sur mes fichiers. J'ai alors décidé d'en faire un projet à part entière de manière à ce que tout le monde puisse avoir un parser en python pour ses besoins. La license de bibserver est la AGPLv3. Ce qui fait sens pour ce type de project. Le problème est que cela peut être un peu trop restrictif pour certains usages et un utilisateur m'a d'ailleurs demandé si je pouvais passer à une license de type LGPL.

Il s'en est suivi une pêche à l'autorisation. J'ai commencé l'été dernier par l'auteur principal de bibserver, mais je n'ai pas eu de réponse. Puis, je suis passé au second contributeur qui n'y voyait pas de problème, a mis le premier auteur en copie de son message. Le premier auteur m'a répondu dans la foulée pour me dire OK, mais les droits sont reversés à l'OKFN, il faut donc leur demander l'autorisation. Je suis passé par leur courriel de contact, deux fois, mais je n'ai pas eu de réponse. Ma dernière chance était la liste de discussion et tada ! j'ai eu la permission.

Le code est donc passé en LGPLv3. Ce fût une longue bataille, qui montre aussi l'importance de bien choisir la licence de départ. En effet, si l'AGPL est tout à fait approprié à bibserver, cette sous-partie peut très bien faire l'objet d'une bibliothèque à part entière et c'est dommage de ne pas étendre les possibilités de cette sous-partie. J'ai coutume de dire que l'on ne passe jamais à tous les usages possibles, ce qui est l'essence du hacking et qu'il faut essayer, autant que faire ce peu, d'ouvrir au maximum la réutilisation de ce que l'on écrit.

Un grand merci aux personnes de l'OKFN pour cette permission.

Sortie de Scikit-image 0.9.0

Monday 21 October 2013 à 00:00

Présentation

Scikit-image est une bibliothèque python de traitement d'images. Elle sort aujourd'hui sa version 0.9.0.

Cette bibliothèque s'appuie sur numpy et scipy, les briques scientifiques en python. Ceci la distingue d'Opencv et de Pillow qui elle est principalement destinée à un traitement simple des images (rotation, rognage...). En terme de performances, scikit-image utilise cython, un générateur C pour marier un code facile à lire et une rapidité excellente.

La gallerie présente un bon nombre des fonctionnalités présentes (filtrage, segmentation, débruitage, détection de forme...).

N'hésitez pas à proposer les implémentations de vos algos favoris !

Nouvelles fonctionnalités dans 0.9.0

Annonce officielle

Segmentation:

Transforms and filters:

Feature detection:

Color and noise:

Drawing and visualization:

Other: